Page rédigée par le Docteur Romain Lavocat - Dernière mise à jour le 06 mars 2025
L’injection de graisse dans les tissus s’est développée de manière exponentielle ces 10 dernières
années. A tort ou à raison, elle constitue une partie de la chirurgie plastique qu’il faut savoir
utiliser à bon escient et le remodelage des fesses en est une indication que nous allons développer
ci-dessous.
Les patients candidats à cette chirurgie souffrent tous du même défaut : une fesse sans relief ou selon
eux, non assez rebondie.
Les fesses plates peuvent être apparues suite à des variations fortes de poids qui ont cassé
l’élasticité de peau qui rend la fesse tombante et flasque, suite à un amaigrissement massif ou de
manière héréditaire avec une fesse sans relief chez de nombreux membres de la famille.
C’est donc une chirurgie qui s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes, sans limites d’âge mais avec
une prédominance de sujet en dessous de 40 ans et qui viennent chercher une solution à une silhouette du
bassin disgracieuse.
Les fesses sont plates et souvent les zones entourant celles-ci sont trop rondes. On parle de dépôts
graisseux ou « lipoméries ».
Ces lipoméries sont les culottes de cheval et les poignées d’amour qui par leur situation collée aux
fesses vont en masquer les contours. Le traitement de ces lipoméries fait partie intégrante du résultat
comme nous allons le montrer.
L’objectif du lipofilling est à mon sens différent de celui de la pose d’implants fessiers. Ces deux
interventions partageant l’objectif de projeter la fesse et de la rendre moins plate et plus tonique. Le
lipofilling remodèle le bassin et projette les fesses :
- Il prélève la graisse des hanches et des culottes de cheval.
- Puis est suivit par la réinjection de cette graisse traitée dans l’ensemble de la fesse pour
recentrer les volumes sur cette partie du bassin.
L’injection de graisse s’adresse donc aux patients et patientes ayant des réserves graisseuses et
particulièrement lorsqu’elles sont situées aux pourtours des fesses. Le bon résultat sera à la fois lié
à l’affinement des zones aux pourtours des fesses et au gain de la projection des fesses. Le prélèvement
de la graisse peut également être situé dans d’autres zones du corps comme le ventre ou l’intérieur des
cuisses.
Le lipofilling n’empêche pas la chute de la fesse et je pense même qu’elle peut l’accentuer dans le
temps car la graisse est injectée sous la peau et alourdit les tissus. Avec le temps, ce poids entraine
la migration de la fesse vers le bas et la migration de la graisse avec.
La règle pour éviter cet écueil est l’injection parcimonieuse de graisse dans chaque fesse, en quantité
modérée pour remodeler.
Enfin, le lipofilling ne diminue pas les capitons de cellulite des fesses qui sont des adhérences sous
la peau très difficile à traiter.
La projection est donc beaucoup moins présente suite à un lipofilling qu’après des prothèses de fesses
dans l’expectative de ne pas alourdir et faire chuter la fesse.
La chirurgie du lipofilling des fesses répond à une technique très précise qui a fait l’objet de
nombreuses mises à jour récentes suite à la constatation de complications graves sur le plan général
suite à des injections trop grandes en quantités et trop profondes dans le muscle. Ces injections
profondes entrainaient des migrations d’emboles graisseux dans des veines des poumons via une veine du
muscle de la fesse avec détresse respiratoire s’en suivant.
L’intervention se déroule en hospitalisation ambulatoire car je n’aspire jamais des quantités trop
fortes de graisse qui pourrait provoquer des complications sur le plan général. La sortie le soir de la
chirurgie est donc possible dans la majorité des cas.
Une anesthésie générale est le plus souvent proposer pour pouvoir prélever de manière harmonieuse les
zones graisseuses.
Le prélèvement de la graisse se déroule avec des canules de petit calibre, environ 3 mm, à l’instar
d’une liposuccion douce, afin de ne pas abimer la graisse prélevée et pouvoir l’injecter avec un taux de
prise de graisse le plus élevé possible.
La réinjection se fait après avoir filtrer la graisse et l’injecter lavée de ses constituants diminuant
la prise des cellules graisseuses. Cette réinjection ne se situe que sous la peau pour éviter les
problèmes graves respiratoires. La quantité à injecter est donc limitée car le tissu sous la peau n’est
pas une surface illimitée.
Les cicatrices sont des micro-incisions de 3-5mm qui ne laisse que peu voire pas de traces. Elles sont
souvent laissées en cicatrisation dirigée sous un pansement à changer une fois par jour pendant 15
jours.
Un vêtement de contention est positionné à la fin de la chirurgie sur vos zones aspirées à visée
antalgique et pour diminuer les oedèmes.
La sortie est validée en fin de journée par votre chirurgien selon votre tolérance à la chirurgie.